20/04/2010

La misère ne crée pas systématiquement la délinquance !

Violences, la vérité des chiffres.

C'est le titre d'un dernier article du magazine "Valeurs Actuelles". Cet article commente deux rapports issus d'organes de contrôles de l'Etat français :

Pauvreté, précarité, solidarité en milieu rural", ce premier rapport émane de l'inspection générale des affaires sociales et du Conseil général de l'agriculture

Puis le deuxième rapport, celui de l'Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale (2009-2010)

L'avis du criminologue est clair :
la sempiternelle culture de l'excuse selon laquelle les bandits sont d'abord les victimes de drames sociaux - précarité, misère, exclusion, racisme - que seuls le travail social et l'assistance résorberont est battue en brêche.

Ci-dessous, l'article mentionné :


 

Sur la sécurité, les dirigeants de l’UMP ont adhéré, comme la gauche, à un discours bourgeois bohème qui exaspère leur électorat, frappé par la crise et l’insécurité. Ce credo, qui consiste à vanter la “diversité” à des familles dont les enfants tremblent à l’école tout en expliquant aux mêmes qu’il n’existe pas de nation française, juste une sorte d’hospice où, à notre grande joie, accourent des errants venus de partout, n’est pas seulement choquant. Il est contredit par les faits, que mettent en lumière trois rapports récents.

Intitulé “Pauvreté, précarité, solidarité en milieu rural”, le premier rapport émane de l’Inspection générale des affaires sociales et du Conseil général de l’agriculture. Il révèle – ce que taisent volontiers les bien-pensants – qu’en France,la vraie misère se trouve à la campagne. Un “espace rural” ( 60% du territoire, 18% de la population, 11millions d’habitants) que le rapport qualifie cruellement de « véritables territoires de relégation » : un « taux de pauvreté rurale supérieur à celui des zones urbaines », avec « surreprésentation des ménages et couples jeunes, pauvres avec enfants » ; une surreprésentation des ouvriers (32 %) et des employés (27%) ; une pauvreté moyenne (13,7 %) supérieure à celle des espaces urbains (11,3 %) – dans un tiers des départements ruraux, ce taux atteint 19% !

Les prestations sociales des ménages pauvres de l’espace rural ? « En dépit d’une pauvreté plus fréquente […], la part des prestations sociales dans leurs revenus est moins élevée [que pour les ménages pauvres urbains] ». Les logements ? Une honte : « Les deux tiers de l’habitat indigne sur lequel opère une mission spécifique du ministère du Logement se trouvent en milieu rural. » La santé ? Dans l’espace rural, « la prévention est difficile et les services de soins souvent insuffisants ».

Enfin,cette comparaison (de 2004) révélatrice entre le taux de pauvreté en Seine-Saint- Denis,18%, et dans la Creuse, 19,5% !

Deuxième rapport, celui de l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale (2009-2010). On y lit que la crise a « une ampleur inédite en France. […] La récession actuelle en Europe est la plus forte et la plus longue depuis 1945 ». Ainsi, selon la “culture de l’excuse” pour laquelle misère égale crime, l’espace rural devrait être ravagé par un ouragan criminel – or c’est le contraire !

Lisons “Criminalité et délinquance enregistrées en 2009”, rapport de l’Observatoire national de la délinquance. Violences physiques crapuleuses : Seine-Saint-Denis, 8,3‰ ; Creuse : 0,1. Vols : Seine-Saint-Denis, 48,5‰; Creuse, 7,6. Etc.

En outre, la misère rurale est digne : plus un département est pauvre et rural (Creuse, Cantal), plus il est honnête ! Ainsi donc, pourquoi cette exubérance criminelle dans des secteurs urbanisés, moins précarisés que les ruraux ? Pourquoi la misère sans policiers abattus, sans voitures brûlées, sans bandes armées, sans braquages ni pillages, de l’espace rural ?

Cette question cruciale de l’essence même de la criminalité violente en France est d’évidence celle à résoudre. Faute de quoi, à force de propos bienséants ou provocants, l’UMP verra l’actuelle froideur électorale virer au divorce.

Xavier Raufer est criminologue

10:04 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Commentaires

Bravo pour vos positions, on trouve actuellement dans les archives de France Culture, l'interview d'un paysan breton André Pochon, qui explique parfaitement les aberrations de la politiues agricole européenne, culture intensive du mais fourrage et élevage de taurillons.

(4 émissions diffusées la semaine dernière vers 20h, A voix nue)

Les paysans qui ont suivit à la lettre ses propositions se sont retrouvés en faillite en moins de 3 ans!

Tout le reste est à l'avenant: pollution des sols et de l'eau, qui aujourd'hui finissent en invasion d'algues vertes!

A écouter absolument, le personnage est très pertinent!

Vous parlez également de précarité et de solidarité. J'ai trouvé un site qui propose comme piste, la création de petites communautés paysannes de personne qui vivent avec le RMI, qui désirent trouver une nouvelle vie dans des activités rurales.

Les précaires genevois attendent toujours des jardins familiaux pour cultiver leurs légumes et leurs fruits!

Écrit par : dominiquedegoumois | 20/04/2010

Qui sont les casseurs en France? Quel est leur milieu sociologique ET culturel? Là, on trouvera sûrement des réponses!

Écrit par : Hakim | 20/04/2010

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