20/08/2010

Champ Dollon URGENT, Retrouvons des places sur place !

Chacun y est allé de son couplet, hier,  pertinent, impertinent, politiquement orienté, populiste (terme que certains utiliserons pour ce texte).

Il est tellement plus aisé de faire un scandale sur un détail, sans doute fondé, de refus d'adjudication de soumissions en jetant le discrédit sur un Conseil d'Etat (que je ne défends pas, voir plus bas)  et sur des fonctionnaires qui auraient, dans le Projet présenté au Grand-Conseil, "sous-estimé" les coûts de construction, que de s'impliquer dans la tâche de diminuer rapidement la population carcérale.

Le "credo" entendu  encore hier était de plaindre ces pauvres victimes de notre société, les détenus, que l'on oblige à s'entasser dans des cellules...

Un  silence presque insultant, par contre, pour ceux qui subissent chaque jours insultes, vexations et les erreurs stratégiques et prévisionnelles de la classe politique, les gardiens de prison. Par la voie syndicale, ils annoncent des actions. Que peuvent-ils faire d'autre ?

Pour cet avatar de l'adjudication. Je pense que deux raisons avancées par le Conseil d'Etat sont fondées.

Fondées car les Magistrats libéraux se prennent les pieds dans le tapis rouge de leur grand principe, la "loi du Marché", régie par les règles de l'offre et de la demande.

La demande est urgente, grande, le gouvernement est acculé les prix peuvent devenir indécents, ce n'est plus malhonnête, c'est le Marché !

La deuxième raison est du même ordre, "le dumping salarial".  Ce n'est pas un terme agréé  par les "lobbys" patronaux. Alors la langue de bois permet d'adoucir le terme en remarquant que des zones floues concernant les charges sociales n'avaient pas de réponses adéquates.

Les partis politiques au pouvoir savent depuis 2005 que la population carcérale progresse de manière exponentielle. Cette information est fournie par les rapports annuels sur la détention.

Le rapport 2009 est plus qu'éloquent, il est public. Lisez-le, voici le lien :

http://www.ge.ch/dspe/doc/news/rapport-activite-champ-dol...

Quelques chiffres : de 2004 à 2009 on passe d'une moyenne de 350 à 500 détenus. Lors de la dernière tentative d'évasion d'août 2010, il était annoncé plus de 600 détenus.

Et, en page 9, Je cite :

"L'analyse par statut de séjour montre que la grande majorité des étrangers détenus à la prison de Champ-Dollon, 69 % n'ont pas de résidence en Suisse (tableau 6)"

Avez-vous entendu, cette année 2010,  de la part de notre Conseil d'Etat, une analyse, une stratégie d'actions, des mesures pour diminuer le nombre de détenus ?

Nous sommes le seul canton suisse et même parmi les cantons latins à avoir un taux d'occupation dépassant largement les 200 %. Les autres cantons ont des taux voisins du 90 % !

Alors, pour nos gardiens, l'urgence immédiate, c'est à dire dans un nombre à un seul chiffre des prochaines semaines, est de revoir drastiquement la détention à la baisse.

La première piste qui en fera hurler beaucoup est de cesser d'incarcérer les délinquants faciles de notre société, je nomme les Automobilistes. N'en déplaise aux "Marthe Richard" de la cause, l'arrestation systématique décrétée par un Procureur socialiste n'est plus correcte dans l'URGENCE à laquelle nous sommes confrontés.

La faute est grave ! N'oublions pas que ce sont d'honnêtes travailleurs et père de famille, il y a la solution du contrôle électronique par bracelet. Les immerger dans la "racaille" est aussi un scandale.

La deuxième piste est de transférer de Champ-Dollon, prison préventive, dans des établissements de détention, tous les détenus condamnés.  Cela représente une moyenne de 140 places.

Nous sommes dans l'urgence et il y a des places de détentions disponibles sur le plan suisse.

Ces deux points peuvent et doivent être rapidement appliqués par notre gouvernement.

L'urgence primordiale est, dans les jours qui viennent, de redistribuer les places  disponibles de la configuration actuelle.

Car mis a part notre indignation de quelques minutes lorsque les médias abordent le sujet, ceux qui sont au front, qui tous les jours subissent cette situation,  qui mettent leur vie en danger, méritent non seulement notre soutien sans réserve mais surtout que nous trouvions, pour eux, des solutions immédiates :

J'ai nommé les gardiens de prison.

 

14:46 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Les commentaires sont fermés.