09/08/2010

Recession mentale grâce aux discours soixantante-huitard.

Des millions de gens, sont en sécession mentale avec ce discours. Et ces gens là n’achètent plus de journaux à cause de ça et ne regardent plus, ou zappent les émissions de télévision en disant “de toute façon, ils m’emmerdent, ils disent tous la même chose.”

Dans cet entretien peu connu de juin 2010 (sans lien direct avec l’islam), les analyses d’Eric Zemmour permettent de mieux appréhender les raisons de l’islamophilie béate qui s’est emparée des  élites politiques et médiatiques.

Les passages essentiels  :

« La première catastrophe, c’est, à 80 %, la litanie politiquement correcte du consensuel, que les gens exècrent. Il y a un robinet d’eau tiède qui ressert en permanence sur toutes les chaines, sur toutes les radios, sur tous les médias, dans tous les journaux, le même discours : le discours des élites bien-pensantes. Ce qu’on appelait la pensée unique. On a à 80 % un espace médiatique qui est saturé par ce discours là. (…)

Le politiquement correct s’est répandu en France à partir des années 70, à partir du moment où la génération 68 a pris les manettes de la société. Ce politiquement correct, je préfère l’appeler le “consensus soixante-huitard” : c’est à dire qu’on ne peut pas ne pas être multiculturaliste, féministe, pour l’Europe, pour le libre-échange, libéral, pour la mondialisation et européen.

Et de plus en plus, le pays, et des millions de gens, sont en sécession mentale avec ce discours. Et ces gens là n’achètent plus de journaux à cause de ça — je suis convaincu de ca — et ne regardent plus, ou zappent les émissions de télévision en disant “de toute façon, ils m’emmerdent, ils disent tous la même chose.”

Les patrons de presse de média et de télé les plus fins cherchent aujourd’hui des gens qui parlent une langue quasiment devenue étrangère, la langue d’avant 1968.

Le discours que je tiens — les plus anciens le savent, ce sont les plus jeunes qui l’ignorent et qui me regardent avec des yeux ronds — le discours que je tiens, donc, est le discours du roman national français qui dominait jusqu’au Général de Gaulle. Il est devenu marginalisé. Il a été tué par le consensus soixante-huitard.

Les patrons de presse cherchent des gens qui expriment ce discours là, parce qu’il est en phase avec des millions de gens. Et ils ne trouvent pas pour deux raisons :

1°) parce que la génération des éditorialistes vedettes sont tous de la génération 1945 : Alain Duhamel, F.O. Giesbert, tous ces mecs là… Ils sont tous dans le consensus soixante-huitard, puisque ce sont eux qui l’ont inventé, et qu’ils lui doivent leur carrière.

2°) les jeunes journalistes ou les jeunes intellectuels, qui ont 30 ans, sont soit complètement incultes et ne comprennent rien à ce que je dis au bout de 5 minutes, soit sont tellement acculturés et conditionnés par le discours des ainés qu’ils ne peuvent même pas penser ce que je dis. Je ne plaisante pas. C’est ça, aujourd’hui, le monde intellectualo-médiatique.

Quand je parle de consensus soixante-huitard, il y a le langage qui va avec. Nous sommes dans un monde orwellien. Ils nous ont imposé un langage. Quand ils disent métissage, diversité, multiculturalisme, ça ne veut pas dire ce que ces mots voulaient dire au départ.

Quand ils disent diversité,  je répondais : “mais la France est diverse depuis 1500 ans. Il y a avait les types du nord, du sud, les celtes, les méditerranéens. C’est divers ça !” Non, [pour eux], elle est pas diverse…

La diversité, c’est en fait les accommodements raisonnables, la négociation entre cultures, c’est ca que ca veut dire. Dans leur langage. Et dans ce cas, je suis contre la diversité. Et ils répondent : “tu es raciste, tu es contre les noirs et les arabes”. C’est ça la discussion aujourd’hui à la télé.

Ce serait une vraie discussion s’ils acceptaient les vrais mots, s’ils acceptaient de dire  — d’ailleurs ils le disaient au début , il y a 25 ans — “notre projet, c’est le multiculturalisme, c’est-à-dire la négociation entre cultures”. Mais moi, je pense que ça, c’est la mort de ce pays. C’est le contraire du modèle assimilationniste français. Pour moi, cette transformation, c’est la mort. (…)

La vie dans certains quartiers, c’est déjà l’enfer. Certains maires de banlieue disent déjà “c’est la guerre civile tous les jours”. Ce sont déjà les mots qu’ils emploient.

L’alliance entre la religion des droits de l’homme et le capitalisme mondialisé a rendu complètement inopérant les états, qui ne maitrisent plus la politique d’immigration depuis 30 ans. On reçoit à peu près 200 000 immigrés  tous les ans, réguliers,  et on ne maîtrise rien. La gauche, la droite, c’est du pipeau, c’est la même chose. Personne ne contrôle. C’est la fin de la souveraineté des états. On ne choisit plus.

A partir d’un certain basculement démographique, comme on a renoncé à assimiler et à imposer un modèle culturel, les autochtones estiment qu’ils ne sont plus en France, la France qui se définit par une culture et par un mode de vie.

Comme les gens ne sont pas assimilés et vivent selon leur culture, puisqu’on ne leur a pas imposé la nôtre,  les autochtones s’en vont. Le ghetto est créé parce que les autochtones ont fui. “On est plus en  France” disent-ils. Parce qu’on ne vit plus à la française, avec la culture et le mode de vie français.

Depuis 20/25 ans, on fait l’exaltation des différences, l’exaltation des cultures, l’exaltation des ethnies. Quand c’est pour le bien, quand c’est… heu… pour des footballeurs, on vous dit “vous avez vu c’est formidable qu’il y ait autant de noirs, parce qu’on gagne” (l’équipe de France de 98).

D’ailleurs, je remarque que quand ils perdent, on ne dit pas que c’est parce qu’ils sont noirs ! Et heureusement. Mais ça démontre la perversité du premier slogan.

Et quand c’est des délinquants, quand c’est négatif, là, on  n’a plus le droit. On se dissimule derrière la loi [sur les statistiques ethniques]. C’est cela que je récuse.

Quand je suis à la télé, il n’y a que des gens qui se servent de cette ambiguïté. Pour dire : “c’est formidable, les différences, le droit à la différence etc.”. Après, si l’on dit que ça pose aussi des problèmes, ils répondent “Ah ! Stop ! On est tous Français et on n’a pas le droit d’exciper [=invoquer, prendre appui sur] des différences.”

Alors là, tu leur dis “merde”

Pour les intéressés la vidéo de l'entretien complet : http://www.dailymotion.com/video/xdsdie_rencontre-avec-er...

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Commentaires

Asinus asinum fricat

Écrit par : Randolph Carter | 09/08/2010

Ah, un zemmouriste sur les blogs de la tdg, quelle chance.

J'adore le point no2, en substance: les jeunes qui ont 30 ans sont complétement incultes et ne comprennent rien à rien.

C'est si simple, il suffisait d'y penser: les jeunes sont tous des cons et les vieux sont tous sous l'emprise d'un ovni qui s'est posé sur terre en mai 68.

Mmmh, ça sent bon la nostalgie (et la naphtaline) en tout cas. "Moi j'vous l'dis, c'était mieux avant!!"

Écrit par : George-André Bitoniaux | 09/08/2010

Très bonne conférence lors du salon du livre à Montpellier. Zemmour prend le temps de développer son point de vue alors que dans les médias il est obligé de schématiser par manque de temps.

Quand à son analyse de la classe intellectualo-médiatique je la trouve très juste. Effectivement à part quelques "dissidents" comme lui aucun de nos journalistes ou intellectuels ne semble saisir ce qui se passe dans la tête des Français actuellement. Ces élites vivent tous dans leur bulle médiatique bien proprète, sans délinquance ni pauvreté et peuvent s'adonner aux joies du multiculturalisme et de la mondialisation, joies malheureusement non accessibles à celui qui vit dans la réalité...

Bref, une vidéo que je vous recommande !

Écrit par : Kepon | 09/08/2010

"Pour liquider les Peuples, on commence par leur enlever la mémoire. On détruit leurs livres, leur culture, leur histoire. Puis quelqu'un d'autre leur écrit d'autres livres, leur donne une autre culture, leur invente une autre Histoire.

Ensuite, le Peuple commence lentement à oublier ce qu'il est, et ce qu'il était. Et le Monde autour de lui l'oublie encore plus vite..."(Milan HÜBI, écrivain tchèque)

Cher @Bitoniaux,

Disons que...

Ceux (certains) de l'époque de mai '68 abusaient de smarties non officielles et p'tites clopes artisanales arrosées de slogans fumeux = l'éducation de leurs charmants bambins, entre les "communautés" (lieux où régnaient gaillardement morpions, puces et odeurs de vieux phoques) avec retour à la Natuuuuuure! (production de tommes de chèvres, légumes d'apparence étrange etc...)Et les profs dépassés devant remplacer des parents démissionnaires, l'éducation donc, de ces chères têtes blondes fut/est complétée par la culture Wiki.

D'où une flopée de paraplé-geeks.

Constater ce fait est aussi un mea culpa, car ce sont les parents qui inculquent ou non, des valeurs à leurs enfants, non?

Quant à M. Zemmour, son seul tort est de dire clairement, à haute voix, ce que la majorité n'ose même plus penser sous prétexte de "politicuculment correct".

Amitiés

Écrit par : Mireille Luiset | 10/08/2010

Mmh..oui, Mme Luiset, je crois voir clairement ce que vous voulez dire mais n'en suis tout autant clairement pas d'accord.

Déjà, à la façon dont vous décrivez ces hippies originels, on se rend vite compte de votre total hermétisme à tout ce qui s'éloigne un iota de la traditionnelle éducation aux coups de ceinturon.

Des légumes d'apparence étrange ? Quelle horreur. Et ils les mangeaient ? Ils étaient vraiment courageux, dîtes-donc.

Et quand vous dîtes qu'ils "abusaient" des smarties et clopes bizarres, vous voulez dire que vous toléreriez une consommation non-abusive de ces produits ? Ça m'étonnerait beaucoup.

Foin de plaisanteries. Certes, de nombreux parents semblent avoir démissionnés. Pour autant cette mission était-elle possible ? La société a énormément évolué ces dernières décennies. Les raisons sont multiples et, pour ainsi dire, infiniment complexes. On pourrait tout de même citer le fait qu'il faut le plus souvent que les deux pacsés travaillent, ce qui ne laisse guère de temps. Mai 68 n'était qu'une conséquence de l'état de la société et non la cause d'un changement de celle-ci. M'enfin, on pourrait disserter des heures comme pour l'oeuf et la poule, ça ne changera pas la réalité actuelle.

Quant à ce genre d'expressions: politiquement correct, pensée unique, c'est vrai que c'est très pratique. Vu que ça n'est pas réellement défini, on peut les utiliser à toutes les sauces. Ça évite de devoir argumenter.

Écrit par : George-André Bitoniaux | 12/08/2010

Hé bien, George-André Bitoniaux ...

Quelle étranges conclusions tirez-vous de la lecture d'un texte qui pourtant semble assez innocent ;)

"..on se rend vite compte de votre total hermétisme à tout ce qui s'éloigne un iota de la traditionnelle éducation aux coups de ceinturon..."

Pour moi, la seule chose que les coups enseignent, c'est qu'ils font mal! Et leurs valeurs éducatives m'échappent totalement.

Allez, bonne soirée et amitiés

Écrit par : Mireille Luiset | 12/08/2010

Bon, et bien content de m'être trompé sur ce point.

Bon weekend

Écrit par : George-André Bitoniaux | 13/08/2010

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