01/09/2010

Femmes : pourquoi tant de haine ?

 

Tenter de comprendre le début de chaos de notre société, c'est également écouter les femmes et les hommes issus d'une culture autre que judéo-chrétienne mais ayant décidé de comprendre puis d'appliquer la résolution que le fonctionnement d'un état ne pouvait reposer que  sur une conception démocratique et laïque.

 

Hier soir, la chaîne ARTE présentait 2 films puis (malheureusement très tard) un débat sur l'immigration dont le thème était le titre de ce blog :

http://videos.arte.tv/fr/videos/debat-3393752.html

"Femmes : pourquoi tant de haine ?", ce débat réunissait deux femmes issues de culture musulmane : la française d'origine algérienne Malika Sorel, auteure du Puzzle de l'intégration et membre du Haut Conseil à l'intégration, et l'allemande d'origine turque Serap Cileli, auteure de Nous sommes vos filles, pas votre honneur et fondatrice d'une association pour les droits de l'homme et l'intégration en Allemagne.

Ci-dessous, une interview de Malika Sorel dont le sujet est :

Comment stopper cette descente aux enfers.

Ces opinions sont à intégrer dans le vaste dossier des options qui vous permettrons de choisir, comme citoyennes, citoyens, la société dans laquelle vous souhaitez vivre !

 


 

Malika Sorel : comment stopper cette descente aux enfers

Malika Sorel trace les grandes lignes de ce qui devrait être fait, selon elle, pour sortir de cette spirale. Une urgence à l'échelle européenne

« Beaucoup peut et doit encore être fait pour sauver nos sociétés d'une véritable descente aux enfers, car c'est bien entendu de cela qu'il s'agit ; et les citoyens des pays européens l'ont à présent compris. C'est une approche globale du problème qu'il est nécessaire d'adopter, et non une approche sectorielle comme celle qui est le plus souvent menée dans les pays européens.

Il est urgent de nourrir envers les personnes issues de l'immigration les mêmes exigences qu'envers tous les autres habitants, afin de prévenir l'enfermement dans la transgression des normes comportementales de la société d'accueil. La responsabilisation individuelle est ici d'autant plus impérative que l'éducation aura été conduite dans la négation de la liberté individuelle. Il faut rompre avec l'idéologie de la victimisation qui contribue à fabriquer des mineurs éternels, et cesser d'envoyer des signaux contradictoires au sujet d'une possible accommodation de nos sociétés, accommodation qui est de plus en plus rejetée par les peuples européens. Retrouver le bon sens et l'esprit de cohérence est bien l'urgence absolue. En France, nous avons la chance d'avoir un système très simple qui repose sur les principes républicains : « Liberté-Égalité-Fraternité-Laïcité ». Ces dernières décennies, ces valeurs fondamentales ont sans cesse été bafouées, le plus souvent sans entraîner la moindre réaction ou sanction. C'est ce qui a conduit à la propagation de ce sentiment d'impunité qui est un véritable cancer.

Les parents ont été soigneusement épargnés par la classe politique, alors qu'ils jouent un rôle majeur dans le non-respect, par leurs enfants, des normes collectives de la société d'accueil. Il est grand temps de les placer face à leurs responsabilités comme le sont tous les autres parents, afin qu'ils s'astreignent à assumer leur rôle. Il est également grand temps de leur dire la vérité sur les exigences éducatives qui pèsent sur les enfants et les parents dans une société moderne. Aucune égalité des chances ne pourra en effet jamais être obtenue entre ces enfants issus de familles aux fratries trop importantes au regard de leurs capacités financières, intellectuelles et affectives, et les enfants dont les parents placent le bon développement en tête de leurs préoccupations. Nos sociétés paient aujourd'hui un lourd tribut à cette hypocrisie généralisée, qui a poussé le vice jusqu'à faire croire aux populations de l'immigration que l'échec de leur intégration était entièrement imputable à l'école, aux enseignants et au racisme supposé des citoyens. Dans ces conditions, il ne faut pas s'étonner de l'amplification croissante du sentiment de rejet de tout ce qui symbolise la société européenne.

Que l'Europe renoue avec elle-même, et elle sortira de la spirale infernale dans laquelle elle s'est laissée entraîner !


Une autre dimension fondamentale du problème, c'est le nombre. L'immigration nuit en effet fortement à l'intégration, pour un certain nombre de raisons que je ne peux détailler ici. L'intégration représente un défi considérable, qui commande la non-dispersion des moyens et la concentration de l'attention des États européens. Tant que nos sociétés n'auront pas réussi l'intégration des immigrés et de leurs descendants déjà présents en Europe, elles devront refuser de nouveaux flux migratoires. Toute nouvelle demande devra être examinée de manière approfondie et dans un esprit de responsabilité. Aujourd'hui, de nombreuses filières nouvelles d'immigration sont utilisées, dont celle du mariage. Cela pose un problème d'une extrême gravité aux enfants de l'immigration, qui sont dépossédés du choix de leur propre destin en perdant cette liberté du choix de leur conjoint.
Par le passé, les enfants issus de l'immigration pouvaient espérer devenir un jour des êtres libres, et c'est ce qui poussait en particulier les filles à s'investir à l'école. Or, la donne a changé. En démissionnant, en abdiquant sur le respect de leur idéaux, nos sociétés ont non seulement trahi leurs propres enfants, mais elles ont également mis en danger les enfants de l'immigration. Nul ne peut rester insensible au mal-être de ces jeunes, qui se transforme très souvent en une agressivité qui se lit jusque sur les visages. Que l'Europe renoue avec elle-même, et elle sortira de la spirale infernale dans laquelle elle s'est laissée entraîner ! »

 

 

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