28/12/2010

Côte d’Ivoire : « une crise clairement ethnique » et religieuse.

Et une erreur conceptuelle de plus démontrant le danger d'explosion latent que crée le multiculturalisme imposé par les « bobos » du  «politiquement correct"

Monsieur Bernard Lugan, écrivain passionné et connaisseur de  l'Afrique, dans son article doublé d'un message vidéo très documenté,

http://www.dailymotion.com/video/xg9tnc_elements-pour-une...

nous démontre qu'en créant, à l'époque la Côte d'Ivoire,  en traçant, sur une carte, des frontières artificielles englobant dans un même pays, QUATRE ethnies très différentes, les européens et surtout La France, créaient, dès la fondation, le schisme auquel, ces dernières années,  le prosélytisme musulman et son vecteur de nouveau colonialisme par les ethnies du nord consolident les impossibilités du « vivre ensemble ».

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Il est plus « reluisant », pour les gouvernements du  politiquement correct, de crier au déni  de la démocratie par l'un des protagonistes de la crise actuelle que d'admettre les erreurs graves commises.

Car la force, onusienne ou autre, dont le « monde bien pensant » menace ces pauvres gens sera un emplâtre provisoire et ne résoudra rien.

L'évolution des identités ethniques nous montre que cela finira par un éclatement et de nouvelles frontières, respectant, cette foi, la volonté des peuples de vivre selon leurs us et coutumes, issus de leurs traditions ancestrales et non de celles des autres, ceci, malheureusement, dans un nouveau bain de sang d'innocents.

 

Mais cette évidence est un nouveau « coup de pieds au cul » à nos oligarques manipulateurs du politiquement correct car SEUL leur savoir doit nous diriger et non le peuple qui ne sait que « tomber dans le populisme ».

 

N'oublions pas aussi que la volonté des populations locales compte très peu, face aux intérêts économiques et géopolitiques de nos dirigeants occidentaux avides de reprendre la place aux Chinois pour exploiter les ressources naturelles de ces pays africains.

 

 


 

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L'Afrique Réelle N°12 - Décembre 2010

Editorial :


En Côte d'Ivoire, le premier tour des élections présidentielles avait fait apparaître un pays coupé en trois, la coalition Kru Lagunaires de M. Gbagbo totalisant 37% des voix, le parti Baoulé 25% et l'ensemble nordiste 33%. Au second tour, M. Ouattara l'a emporté après qu'eut été reconstituée autour de sa candidature l'alliance entre Baoulé et Nordistes qui avait jadis permis au président Houphouët-Boigny de gouverner. Dans un réflexe de survie, M. Gbagbo a alors fait un coup d'Etat et mis le pays en situation de quasi guerre civile. La « communauté internationale » est la grande responsable de ce gâchis pourtant prévisible. Après la partition du pays intervenue à la suite des évènements de 2002, elle a en effet voulu, au nom de la démocratie et de la « bonne gouvernance », contraindre au dialogue, à la réconciliation, à la réunification et au partage du pouvoir des populations qui n'avaient jamais eu de passé commun. Postulant que la paix allait sortir des urnes, elle a englouti des sommes considérables dans un processus électoral bancal. Le résultat de cette cécité ethnologique et politique est catastrophique.


Les positions des deux camps sont en effet inconciliables car elles sont ancrées sur des mentalités inscrites dans la longue durée. Pour les Kru du sud forestier, ensemble ethnique auquel appartient M. Gbagbo, les Nordistes forment un monde rattaché à l'univers du Sahel. Selon eux, ce vaste ensemble malinkédioula-mossi, rêve de reprendre vers le Sud une expansion bloquée durant la parenthèse coloniale. La coupure Nord-Sud entre le monde sahélien, ouvert et structuré en chefferies ou en royaumes d'une part, et le monde forestier littoral peuplé d'ethnies à la géopolitique cloisonnée d'autre part, est bien la grande réalité géopolitique régionale[1].


La priorité est désormais de tenter de circonscrire l'incendie afin d'éviter son extension à toute l'Afrique de l'Ouest, tant les imbrications ethniques y sont importantes. Le problème est que la question ivoirienne étant d'abord ethnique, sa résolution ne passe certainement pas par une artificielle recomposition démocratique à l' « européenne », mais bien par une redéfinition de l'Etat. Comme il n'existe plus de fédérateur et que tous les dirigeants politiques sont discrédités, tout replâtrage faussement consensuel avec un gouvernement dit d' « unité nationale », ne serait qu'une solution artificielle, fragile, provisoire et porteuse d'embrasements futurs. Dans ces conditions, et dans l'état actuel de la situation, la seule issue réaliste n'est-elle pas la reconnaissance de la partition entre des Nord pro-Ouattara et des Sud pro-Gbagbo ? Plus tard, peut-être, une nouvelle union pourrait naître, mais sur des bases solides, c'est-à-dire dans le cadre d'une confédération à définition clairement ethnique.


Dans l'immédiat, maître du pays Kru et du cordon littoral peuplé par ses alliés Akié, Abouré et autres Lagunaires, Laurent Gbagbo contrôle la Côte d'Ivoire « utile ». Grâce aux revenus du pétrole, du café, du cacao, des ports, appuyé sur l'armée et la gendarmerie, il va tenter de contraindre les acteurs économiques internationaux à composer avec lui. Jouant la carte nationaliste il va s'opposer avec virulence au « diktat » de l'ONU et accusera tout particulièrement la France, bouc émissaire idéal. Mais dans ce très périlleux jeu du « quitte ou double », il n'est pas certain qu'il ait toujours avec lui sa chance légendaire... Quant à Alassane Ouattara, chef de l'Etat légitime mais désarmé, il n'est encore que le « roi de Bourges » d'un Nord déshérité et il risque d'apparaître bientôt aux yeux des Ivoiriens comme l'homme de l'étranger. Le temps jouant contre lui, il est donc condamné à brusquer les évènements. En a-t-il seulement les moyens ?


Bernard Lugan

[1] Accrochés d'une manière pathétique à leurs vieilles croyances « new age » et post-marxiste, Jean-Loup Amselle, Jean-Pierre Chrétien et Elikia M'Bokolo du CNRS soutiennent
que les ethnies sont des créations coloniales. Plus encore selon Jean-Loup Amselle, la notion même de Sahel est le produit de la colonisation. Dans la même veine il
serait possible de soutenir que le phénomène des grandes marées en Bretagne est une conséquence de l'occupation allemande de 1940...

 

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Commentaires

Billet aussi médiocre que son auteur

Écrit par : Alain | 28/12/2010

Excellent éclairage sur l'Afrique et la Côte d'Ivoire en particulier.

Merci Patrick.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 28/12/2010

"des frontières artificielles englobant dans un même pays, QUATRE ethnies très différentes..."

Il est vrai qu'on a beau chercher, on ne trouve aucun exemple de pays démocratique composé de populations d'origines différentes et vivant tout de même ensemble sans difficultés...

Écrit par : carlos | 29/12/2010

L'article en question, comme le blog qu'il alimente est un raccourci abusif et partial, aussi faux que le sont les affirmations qui tenteraient de nier le problème ethnique ivoirien.
Gbagbo n'est pas le représentant du "Sud", mais d'une partie de celui-ci. Et l'alliance qui a permis à Ouattara de triompher est composée également d'ethnies du sud. Par ailleurs, Gbabgo et surtout sa femme, Simone, ont joué à fond la carte intégriste des sectes pentecôtistes étasuniennes, au point de fâcher même les catholiques.
Gbagbo, mal élu en 2000 pour 5 ans, a mis 5 ans avant d'accepter d'organiser des élections, n'hésitant devant rien pour rester au pouvoir. Il a vendu pour son profit personnel le patrimoine national hérité d'Houphouët. Il n'a pas hésité à jeter en prison, sans motif officiel, tout l'encadrement de la filière cacao, première richesse du pays, plusieurs dizaines de personnes, au point qu'au bout de trois mois de tôle (dans les conditions africaines qu'on imagine), le procureur s'interrogeait publiquement pour savoir quel chef d'inculpation invoquer... Ce type, son épouse et son entourage sont une bande de fascistes, que l'internationale socialiste aurait du exclure depuis belle lurette, au lieu de le soutenir du bout des lèvres...
Les problèmes ethniques sont une réalité en Afrique, il est stupide de le nier. Mais ils peuvent être dépassés, comme l'ont été les nôtres. A l'exemple suisse cité par Carlos, on peut ajouter la construction de l'Hexagone, corses et bretons n'ayant pas grand chose à voir avec des basques ou des savoyards, ou encore la réconciliation franco-allemande...
Toucher aux frontières héritées de la colonisation, pourquoi pas ? Mais c'est un jeu très dangereux et surtout, le problème n'est pas là. Le problème est dans la gouvernance et la pauvreté, tandis que la solution est dans le développement économique.
L'Afrique doit apprendre à compter sur ses entrepreneurs, créateurs de richesse, davantage que sur l'aide internationale ou sur les miettes laissées aux potentats et aux administrations par le pillage de ses richesses. Elle est en train de le faire. En Côte d'Ivoire comme ailleurs. Gbabgo est un dinosaure, voué à disparaître. Lui seul semble ne pas l'avoir encore compris

Écrit par : Philippe Souaille | 29/12/2010

Merci au Génie Alain de s'abaisser jusqu'à répondre aux médiocres !

Quant à Monsieur Souaille, son commentaire représente ses options et sa ligne politique que je ne partage pas. C'est cependant son droit de l'exprimer.

Je pense cependant qu'il est dans l'erreur en affirmant qu'il ne faut pas toucher aux frontières issues de la COLONISATION. Par ceci, il confirme que ces frontières ne sont pas issues d'une volonté des populations concernées.

De même, nous devons balayer aussi devant notre porte. Le "mélange" des cultures n'est pas la réussite qu'il prétend en Europe où ailleurs !

La différence entre le réalisme objectif et le politiquement correct est la description des évènements selon les réelles aspirations des peuples concernés et non selon les options et décisions des exécutifs politiques qui sont eux axés sur le profit sans foi ni loi de la mondialisation libérale.

Et je crains que les gouvernants actuels, Conseil Fédéral compris, rééditent l'erreur de soutenir ceux qui ne le méritent pas, comme nous l'avons fait avec l'ex-Yougoslavie en abandonnant les Serbes...

Écrit par : Le Plébéien | 29/12/2010

Monsieur le Plébéien, vous devriez reprendre vos cours d'histoires. Vous y découvrirez qu'il n'est pas une frontière, en Europe, qui soit issue de la volonté des populations concernées. Tout au contraire, ce sont les volontés des puissants, les accords souvent contre-nature des négociateurs, le résultat d'une guerre à mille lieues de là qui les ont dessinées. Et les populations se sont adaptées, tant bien que mal. Y compris pour ce qui concerne la Suisse, et Genève en particulier. Mais évidemment, vu à travers la lorgnette de l'UDC, l'histoire prend une autre couleur. Celle d'un conte de fées.

Écrit par : Philippe Souaille | 29/12/2010

Comme mon blog est de nouveau (partiellement) censuré et ne figure plus sur la liste des blogs de la Tribune de Genève, je me permets de signaler ici mon dernier biller sur ce sujet dans l'intérêt des propriétaires de blogs dans la Tribune de Genève:

http://blogdesamialdeeb.blog.tdg.ch/archive/2010/12/31/mon-blog-encore-censure-pour-la-troisieme-fois.html

Écrit par : Sami Aldeeb | 31/12/2010

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