05/01/2011

L'ONU recolonise l'Afrique et impose la « démocrature »

Pauvre Afrique, hier, on lui imposait ses dictateurs, aujourd'hui, on lui choisit ses "démocrates". Les rappeurs, ces Prévert des nouveaux temps, viennent d'inventer un néologisme qui fait fureur d'un bout à l'autre du continent : la démocrature. Entendez, ce système hybride (le visage de la démocratie, le corps diabolique de la dictature) qui a le don de déchaîner les passions et d'ajouter à la confusion.

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Qui a gagné les élections en Côte d'Ivoire, qui les a perdues en Guinée ? Cette question qui a l'air d'embraser l'univers n'a aucun sens dans les faubourgs de Conakry et d'Abidjan où, bon an, mal an, la vie politique n'aura jamais qu'un seul régime, la disette, et une seule loi : "tout ce qui n'est pas obligatoire est interdit", pour reprendre le fameux mot de Léon Campo. Là-bas, on préfère d'expérience les mauvaises élections aux guerres civiles bien réussies. Mieux vaut encore Bokassa et Mobutu que les drames du Liberia ou de la Sierra Leone ! La bête humaine s'habitue à l'enfer du despotisme, certainement pas aux massacres à la rwandaise !

Or, les démons de la violence et de la haine hantent à nouveau la Côte d'Ivoire. Comme en 2000, le pays va se couper en deux, il va brûler comme une paille, plus rien ne peut l'empêcher. La faute à qui ? Au monde entier et d'abord et avant tout à cette fameuse communauté internationale qui n'est jamais mieux dans son rôle que quand elle rallume les incendies qu'elle est censée éteindre.

Formellement, ce "machin" derrière lequel se cachent les grosses griffes des Etats-Unis et de l'Union européenne ne pèse pas plus que le poids d'un arbitre. Son rôle se limite à prévenir les conflits et à proposer une solution négociée lorsque ceux-ci s'avèrent inévitables. Aucune circonstance exceptionnelle ne lui permet de déborder de ce cadre-là. C'est du moins ce que croyaient les néophytes, les sorciers de la diplomatie, eux ne manquant jamais d'arguments pour justifier l'injustifiable.

Disons-le clairement : l'ONU n'a pas à décider qui est élu et qui ne l'est pas à la tête d'un pays (le cas ivoirien compte peu en l'occurrence). Le faisant, elle outrepasse ses droits, ce qui lui arrive de plus en plus. Au point que derrière le langage feutré de ses diplomates, on distingue des bruits de bottes coloniales. A la manière dont Barack Obama, Nicolas Sarkozy ou Ban Ki-moon, traite ce pauvre Laurent Gbagbo, on croit revoir Gosier-d'Oiseau (célèbre personnage du Vieux nègre et la médaille, roman du Camerounais Ferdinand Oyono) transpirer sous son casque en engueulant ses nègres dans une plantation d'Oubangui-Chari.

 

PS

Ce texte provient d'un article du Monde, ceci à l'attention des « bien pensant » du politiquement correct.

http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/01/03/l-onu-reco...

 

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Commentaires

ça va faire de nouveaux candidats à l'exile vers notre beau continent !

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 05/01/2011

La démocratie ne se résume pas à élire le prochain dictateur qui pourra tranquillement ou devra par la force des choses brader les ressources de son pays. Dans les pays peu développés et riches en ressources, les revenus des gouvernements proviennent essentiellement d’acheteurs étrangers: ils n’ont donc pas vraiment besoin de percevoir des impôts, ni de rendre des comptes à leurs électeurs; en revanche, ils sont très liés à leurs "clients", dont ils dépendent dès lors pour bien davantage que leurs ressources financières.

Les conflits d’intérêts que cela entraîne s’ajoutent à la difficulté, en soi colossale, qui consiste à développer le pays. Contrairement à ce que tant de gens semblent croire, il n’existe pas de recettes toutes faites et les conditions cadre évoluent constamment. La politique de développement est sans doute l’un des "jeux" les plus complexes et les plus délicats auquel on puisse jouer sur cette terre. Et les enjeux, humains et matériels, sont énormes. Et rien, au fond, ne prépare vraiment les élus à maîtriser la matière.

La démocratie est ici sans doute un outil utile, mais pas plus que cela. Et pour que la démocratie rende les services qu’on en attend, elle doit commencer à la base. Ses valeurs et ses conditions doivent être comprises et soutenues par l’écrasante majorité des gens, dès l’enfance. Sinon ce n’est qu’un leurre, une démocrature, en effet.

Écrit par : Alain Jean-Mairet | 05/01/2011

"dès l'enfance" c'est exact et bravo de l'écrire! Car en Afrique et "ailleurs" des enfants n'ont d'autres éducations que les rituels des parents et de la communauté d'appartenance, avec tout ce que cela implique.

Les Africains ont servit des "maîtres colonialistes" de tous poils d'une éducation issue des ancêtres, ils sont passés par obligations à deux religions, Chrétienne et Islam, tout en conservant quelques rituels et croyances ancestrales et tribales.

Il y a eut des gens très bien comme le Dr SCHWEITZER (études de théologie, organiste et Docteur) et bien d'autres.(pas les missionnaires religieux)

Mais en matière d'éducation de très haut niveau, à part s'expatrier dans le monde, sur place ce fût le règne de l'ignorance et des croyances!

Depuis quelques décennies, du fait des nouvelles richesses "hors sol" et "sous-sol" il a bien fallu trouver des appuis locaux.....Et voilà le travail....

"AILLEURS" c'est le même concept, quitte à y mettre des rois et princes pour ammasser les fortunes, afin de dominer le tout dans des croyances aux rois aux religions et aux archanges des horoscopes guérisseurs....C'est le concept MONARCHIQUE des ROIS-DIEUX PHARAONS ....

Ramer dans une pirogue pour apprendre à conduire une voiture, à dos de chameau afin d'apprendre à piloter un pétrolier, c'est toute une histoire et toute une éducation! Les prières ça on connaît...

Les occidentaux n'ont pas "joué le jeu" pour des raisons financières POINT.

Aujourd'hui en côte d'Ivoire comme ailleurs, ces pays ce divisent en deux religions principales en convertissant à tout va! Preuve, que les influences religieuses sont plus fortes que le besoin d'éduquer pour le bien être des individus.

Mais nous avons des Mmes 2neurones et d'autres qui font des aller et retour pour "aider" au sous-développement car l'aide au sous développement, ça donne une bonne iamge et une bonne conscience....L'aide au sous développement çà c'est l'avenir ajoutez y deux religions des époques tribales...Ca, c'est l'avenir du developpement Africain! PEUFF...!

Vous avez vu l'état des enfants de TOUS ces pays de là et "d'AILLEURS"

Dieu, prophète, archange, ange, diable, fées, princesses, duc, monseigneurs, seigneurs, illusionisme, magie blanche, magie noire, peste, choléra, guerre, misère, faim, maladies, seïsmes, éruptions volcanique, tremblements de terre, tsunami, enfant handicapé de naissance, enfant décédé sur la route, bateaux pour fuir des pays musulmans ou chrétiens, clochardisation des salariés, robots, humanoïdes, fin des énegies fossiles, fin des ressources sous-marines, évolution des climats, dieux, déesses, dix religions pour....POURQUOI, je ne sais pas et vous?

Écrit par : Pierre NOËL | 05/01/2011

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