14/12/2011

"Le fric pour le fric, le reste je m'en fous"

"Certains politiques pensent qu'en donnant du temps au temps il est possible d'éliminer les problèmes pouvant apparaître dans les comptes des corporations de droit public, en transférant sur des exercices futurs (plusieurs méthodes connues) certaines pertes ou autres conséquences dommageables d'erreurs actuelles ou passées de gestion, en espérant que des profits futurs (qui appartiennent aux générations futures !!!)  permettront de couvrir, sans vagues apparentes, au mépris de certaines règles comptables reconnues et finalement en catimini, lesdites erreurs. Cela peut "marcher", mais il ne faut jamais oublier qu'en matière financière il est fréquent que le temps rattrape le temps ; il est tout aussi fréquent, malheureusement, que lorsque cela se produit les auteurs des erreurs passées constatées sont hors d'atteinte, surtout s'il s'agit de responsables politiques".

Très actuel ce texte. Non ?

Il s'agit d'un extrait de la lettre envoyée, par un citoyen,  le 18 novembre 1995 au Conseil d'Etat. Seize ans se sont écoulés et avant les grèves des fonctionnaires suivies de la session du Grand-Conseil sur le budget 2012.

 

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Provocateur,  le titre se rapporte surtout aux principes du « Capitalisme anglo-saxon » dont les conséquences  actuelles constatées sont , entre autre, un enrichissement scandaleux d'une élite plus que minoritaire , l'omnipotence des « marchés financiers », un appauvrissement dramatique de tous  y compris ce que l'on nomme la classe moyenne.

Mondialisation libérale sans foi ni loi, spéculation outrancière ne visant que le profit du « fric pour le fric » et, aussi pour notre pays, des délocalisations d'entreprises  vers des pays à bas coût de main d'œuvre, toujours pour la seule motivation d'augmenter le profit. Quant à ceux qui subissent, chômage, misère sont programmées.

Pas de fausse joie, je n'entends pas, et de loin, encenser le communisme et sa résultante de médiocrité instituée pour assouvir les aspirations d'opportunistes nuls sur tous les plans sauf sur celui de l'idéologie.

Car il y a d'autres voies à suivre pour vivre épanoui dans une société sous l'égide d'un système capitaliste, favorisant l'homme, la région, son essor social et économique, son agriculture locale, bref une conception agrarienne de notre mode de vie

Jusqu'au début des années 90, un courant capitalise majoritaire se nommait : «  Le capitalisme Rhénan ».  Quelques mots d'économistes :

« Ainsi, les distinctions opérées, à juste titre il y a dix ans, par certains économistes entre capitalisme rhénan et capitalisme anglo-saxon semblent aujourd'hui en voie de disparition. Est-ce un effet de la mondialisation ? L'hypothèse n'est sans doute pas inexacte et conduit à s'interroger sur la place faite désormais à l'homme, travailleur et salarié. En effet, le lustre du capitalisme rhénan tient largement à la volonté qui fut toujours la sienne d'intégrer le monde du travail à une organisation économique fondée sur le capital et le marché, et de construire, par l'économie sociale de marché, un système conciliant la vision sociale et l'efficacité de l'économie libérale. C'est ce qui a fait, pendant longtemps, la force de l'économie allemande. L'avoir oublié explique pour partie ses difficultés présentes. »

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Les « Pinocchio gourous » du politiquement correct actuel semblent cependant toujours vous séduire et emporter la majorité de vos suffrages.


Vous refusez d'agir sur les causes mais hurlez à la grève quand les conséquences de leurs inepties vous frappent de plein fouet...


Assumez et trinquez !  Vous en avez pour quatre ans minimum....

 

 

Pour les intéressés, le capitalisme rhénan :


 

 

 


 

Le capitalisme rhénan (dit aussi le modèle social rhénan) est l'un des quatre grands modes d'organisation du capitalisme distingués par l'école de la régulation.

 

Le terme a été popularisé par l'ouvrage de Michel Albert paru en 1991, Capitalisme contre capitalisme1.

Sommaire

 

1 Caractéristiques

2 Implantation

3 Fondements & Soutien

4 Critique

5 Bibliographie

 

Caractéristiques

 

Le capitalisme rhénan se caractérise par :

 

Un rôle important des grandes banques et une relativisation du rôle de la bourse dans le financement des entreprises,

Une vision à long terme appuyée sur ce mode de financement et sur un système de partenariat avec les clients, fournisseurs et employés,

Un partenariat entre de puissants syndicats patronaux et salariaux qui limite aussi bien les conflits du travail que les interventions directes de l'État dans la vie des entreprises,

Un système de protection sociale très développé,

Une politique de stabilité monétaire gérée indépendamment des gouvernements.

 

Implantation

 

Il ne faut donc pas le confondre avec le keynésianisme. La notion de capitalisme rhénan correspond plus ou moins au concept d'économie sociale de marché (soziale Marktwirtschaft) promue en RFA comme une alternative à la fois au capitalisme anglo-saxon et à l'économie d'État planifiée de l'ex-RDA. Mais on peut également parler de capitalisme rhénan ou encore de traits rhénans à propos des Pays-Bas, de la Scandinavie, de l'Alsace, de la Suisse et même du Japon.

 

Fondements & Soutien

 

Le capitalisme rhénan repose sur des prémisses culturelles qui sont l'esprit de communauté fort dans les pays germaniques. Cet esprit contient un sentiment d'appartenance à un tout supérieur à ses parties composantes qui inspire l'esprit partenarial, de même que le refus relatif d'interventions étatiques extérieures. Ce positionnement culturel sur, notamment, l'échelle de collectivisme de Hofstede, conduit à pouvoir retrouver certains traits du capitalisme rhénan dans d'autres contextes culturels, qu'ils soient asiatiques ou nord-américains.

 

En mai 2009, le Premier Ministre belge, Yves Leterme (parti CD&V, anciennement CVP, soit l'ancienne droite catholique conservatrice au XIXe siècle devenue aujourd'hui centriste, avec deux ailes de centre-droit et de centre-gauche), a officiellement pris parti pour le modèle rhénan en publiant un livre prise de position du même nom2.

 

Citation d'Yves Leterme parue dans son livre : Comment faire face à la crise ?

 

« C'est la question politique majeure du moment. Comment les pouvoirs publics peuvent-ils aider l'économie à se redresser sans être trop interventionnistes ? Pour Yves Leterme, le modèle rhénan offre la solution. Il est convaincu qu'en cette période d'augmentation du chômage et de recul économique, l'Europe devrait s'inspirer de la recette éprouvée de l'économie sociale de marché. Basé sur une organisation de la société qui laisse fonctionner le marché libre, mais accorde une grande attention au renforcement de la cohésion sociale, le modèle rhénan croit en une collaboration harmonieuse entre les pouvoirs publics, les travailleurs et les employeurs.

 

Fort de son expérience en tant que dirigeant, Yves Leterme se concentre sur les défis et les opportunités de ce modèle. Il apporte ainsi une réponse chrétienne-démocrate à la crise et développe de nombreuses pistes de réflexion pour aborder des défis tels que le vieillissement, la mondialisation, les nouvelles technologies et les problèmes environnementaux. »

 

Également en Belgique, l'association The Rhineland Seminary (http://users.skynet.be/DieNeueLinke/) plaide depuis longtemps pour le renouveau du modèle rhénan ; avec la caractéristique complémentaire de proposer son renouveau de pair avec tout à la fois le renouveau de l'idée « hanséatique » (http://www.hanse.org) et le retour à une « religion naturelle » (décrite par ailleurs dans Wikipedia en anglais : http://en.wikipedia.org/wiki/Natural_religion).

 

Critique

 

De nombreux spécialistes s'interrogent sur le futur du modèle rhénan face à la profonde crise économique que traverse l'Allemagne depuis les années 1980 et à la montée en puissance des modes de régulations caractéristiques du capitalisme anglo-saxon (prépondérance des actionnaires boursiers, difficultés des grandes banques, recul de la négociation collective et individualisation des conditions de travail), dans le contexte d'une atomisation accrue de la société.

 

Plus récemment, The Social Capital Foundation (TSCF) a repris le concept de capitalisme rhénan et fait figurer à son programme de l'approfondir, en s'opposant tant aux tentatives de construire un capitalisme d'État européen qu'à la généralisation d'un capitalisme néo-libéral sur le mode anglo-saxon.

 

Bibliographie

 

L'Entreprise et le droit du travail : Une comparaison franco-allemande, Patrick Hunout, CIRAC, 1993, ISBN 2-905518-25-1.

Regards sur le travail en Allemagne, Claus Hillebrand, dans Responsables, MCC, No 353, avril 2004, p.20-24.

Capitalisme contre Capitalisme, Michel Albert, Edit Le Seuil, coll Histoire immédiate, Paris 1991

Le capitalisme total, Jean Peyrelevade, éditions du Seuil, pages 11 à 22 (ISBN 2-02-082932-0).

L'Économie durable : le modèle rhénan par Yves Leterme, ancien Premier ministre belge. Édition Luc Pire (ISBN: 978 25 07002855) - Mai 2009.

Le modèle mulhousien, Jérôme James Jean-Paul Blanc, dans Bulletin de la Société belfortaine d'émulation, No 94, 2003.

 

 

 

L'aventure du capitalisme rhénan

François-Georges Dreyfus

Professeur émérite de l'université Paris IV-Sorbonne Ancien directeur du Centre d'études germaniques de l'université de Strasbourg

 

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