26/01/2012

Genève tolérante ? Que la Honte nous submerge !

Certaines actions peu spectaculaires, dont le symbolisme de paix et tolérance est si manifeste, méritent que nous nous penchions sur les volontés, à mon sens délibérées, de les ignorer.

Parlons et diffusons la volonté d'ouverture et de tolérance exprimée par la Cathédrale de Lausanne et son comité, monument appartenant à l'Eglise protestante mais ouvrant ses portes aux autres communautés chrétiennes.

Le dimanche 5 février à 18h00, la communauté maronite suisse pourra célébrer une messe, selon sa liturgie, en la Cathédrale de Lausanne.

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Les chrétiens orientaux, vous savez, ceux qu'on aimerait oublier, ceux dont le politiquement correct rechigne à admettre qu'ils subissent au quotidien des persécutions criminelles en raison de leur foi. Foi et traditions, pour certaines, plus anciennes que le catholicisme et encore bien plus anciennes que l'Islam.

A quand une action similaire en notre Cathédrale de Genève ?

Sommes nous donc si soumis au pseudo politiques islamistes et à leurs mouvements terroristes que notre « ouverture » se borne à recevoir et médiatiser uniquement ceux qui agissent pour la destruction programmée de notre civilisation judéo-chrétienne ?

Prenez le temps de lire le message ci-dessous qu'un chrétien maronite suisse adresse à sa communauté.

Certains seraient bien inspirés de s'en rapprocher.

 

Chers ami(e)s et connaissances,

Le 5 février prochain, à 18 :00, la communauté maronite de Suisse, à laquelle j'appartiens par naissance, est invitée à célébrer un « culte » à la cathédrale de Lausanne, et pourtant cette dernière appartient à l'Eglise protestante, et l'église maronite est d'obédience catholique. Depuis quelques années déjà, la cathédrale de Lausanne ouvre ses portes aux autres communautés chrétiennes, une 1ère mondiale gravée dans l'esprit des pierres qui constituent ce bel édifice, à ma connaissance, l'un des plus beaux édifices gothiques d'Europe, dont les vitraux de la Rose du XIIIème siècle sont intégralement préservés. Gravée dans la pierre, oui. Son inauguration en 1275 n'avait-elle pas vu le pape Grégoire X et l'empereur Rodolphe de Habsbourg s'y réunir et se réconcilier!

Actuellement, elle est le seul bâtiment religieux de cette importance ouvert à toutes les confessions chrétiennes. Cela traduit un souffle nouveau de tolérance et de fraternité, un souffle bien chrétien d'ailleurs. Jésus, n'avait-il pas prié pour que nous soyons tous un !

Qui mieux que les maronites incarne cet esprit de tolérance et de fraternité ! N'étions-nous pas la seule église pendant des siècles à avoir gardé l'union avec l'Occident ! Par ailleurs, n'avions nous renoncé à l'araméen, langue de nos grand parents, pour prier dans la langue du conquérant, donnant ainsi plus de valeur à l'esprit qu'à la lettre !

Dans ma jeunesse, je ne cessais pas de répéter : « Si l'humanité venait à perdre toutes ses créations culturelles, et il n'en restait que la musique, elle n'aurait pas perdu grande chose ». Le jour où, je suis entré dans la cathédrale de Lausanne pour la 1ère fois, je me suis exclamé : « Ah non, ce sera un très grand dommage » ! Depuis, mon vocabulaire de valeurs n'a pas arrêté de s'enrichir.

Et nous voilà aujourd'hui, 44 ans après, invités à prier ensemble, en musique dans cette belle enceinte. Je dis ensemble, car seul, -moi qui chaque fois qu'une occasion se présentait, je priais même dans des mosquées-, je n'ai pas attendu cette invitation pour le faire.

En y priant en tant que maronite, et y utilisant l'araméen, langue de Jésus certes, mais avant tout langue de mes aïeux, morte aujourd'hui mais langue vivante et internationale, il y a 2'000 ans, parlée de la vallée du Nil jusqu'à la frontière de l'Inde, -d'ailleurs, vous le savez sûrement : 10 à 15 millions de Chrétiens indiens prient toujours en araméen- nous témoignons de notre enracinement plusieurs fois millénaire dans un Proche Orient où nous devenons comme une peu de chagrin.

Et en y priant en arabe, langue du conquérant, adoptée en 1736 comme 2ème langue liturgique, nous témoignons de notre esprit de tolérance et d'ouverture, de notre attachement à l'esprit qui souffle et non à la lettre qui tue -n'oubliez pas que Jésus nous avait enseigné le « Notre Père » directement en araméen- et pourtant c'est en français que nous aurons la joie de la partager avec vous, en toute fraternité chrétienne et universelle, témoignant ainsi de notre attachement au respect de l'autre et de notre ouverture à lui, fût-ce au détriment de la langue de nos aïeux.

Mais nous voudrions témoigner ainsi aussi de notre détermination à vouloir toujours exprimer notre foi tout librement, sans peur et sans complexe. Nous sommes encore une quinzaine de millions de chrétiens dans ce Proche Orient, toutes confessions confondues. Nous ne demandons qu'une seule chose, que notre citoyenneté soit reconnue pleinement. Nous avons assez d'être considérés, dans le meilleur des cas, comme Dhimmis, des citoyens de second degré, pour ne pas parler de violence et de persécution délibérées, que nous subissons au quotidien.

Pour cela, nous avons besoin de vous, vous qui croyez à liberté de choisir sa foi et à la liberté de l'exprimer, que vous soyez chrétiens ou pas. Nous avons besoin de votre compréhension, solidarité et soutien.

Sans devoir oublier vos chiens et chats, les pandas et les tortues, les dauphins et les requins, les jaguars et les éléphants, de grâce, ne nous oubliez pas non plus ! Faute de quoi, notre existence est en danger, et dans un avenir plus proche que vous le pensiez, la vôtre aussi. Le printemps arabe n'a vu pousser jusqu'à maintenant que épines et orties.

 

09:32 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Commentaires

Que dire, si ce n'est que l'on préfère s'appitoyer sur les autres religions et oublier ceux qui sont des nôtres.

LA Gauche en particulier est fort coupable.

Écrit par : anonyme | 26/01/2012

@ vous, Monsieur Lussi, ainsi qu'à votre invité : Non, elle n'est pas vraiment morte, la langue du Christ, que les Maronites utilisent pour célébrer la liturgie. Elle est encore parlée et, tant bien que mal, défendue par les Syriaques de Syrie. Communauté dans laquelle mon père et, partant, moi, sommes nés. Langue qu'ont aussi apprise mes enfants, nés en Suisse. Dites-vous bien que la dernière fois que je l'ai entendue dans une église fut, précisément lors de la célébration de la messe de Pâques, ici à Genève, chez les...Maronites. Quelle joie.
Mar Maroun est né en Syrie, à Zabad sur la Vallée de l'Oronte, non pas loin de Homs et Hama. Il est mort et fut enterré à Alep (où une partie de ma famille, syriaques et arméniens, vit encore). Ses enfants essaient de la défendre aujourd'hui, dernier rempart dans cette partie du monde face à la déferlante fondamentaliste, encouragée, hélas, par notre Occident mourant et financée par des monarchies pétrolières moyenâgeuses.
La lumière brillera toujours, quelles que soient les forces de l'obscurantisme qui essaient de l'éteindre.

Écrit par : Christobal | 26/01/2012

Ce qui arrive aux Maronites est le triste exemple de ce qui arrivera aux chrétiens d'Europe.

Écrit par : L' Amer Royaume | 26/01/2012

Et le nombre de blogs mis en premières pages par la TDG tentant de salir Israël alors que les el assad ne font que massacrer la population syrienne, n'est pas aussi un signe inquiétant ???

Écrit par : Corto | 27/01/2012

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