07/10/2012

Syrie : le «printemps arabe» se fait attendre.

Sans doute fais-je partie de ceux dont la compréhension de ce drame n’est pas qu’univoque.

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Certes, chaque jour, l’annonce de tous ces combats et ces morts ne peut que peiner et interpeller.

 

Nos médias occidentaux  relatent ceci avec, que cela plaise ou non, un grand parti pris. Ce parti pris est le reflet d’un glissement géo politique que certains ne veulent que voir sous prédominance sunnite.

 

Pourtant la situation est trop grave et importante pour laisser place au manichéisme.

 

Cet article de Monsieur Josef Savès nous présente les enjeux très historiques de cette « guerre civile ».  Une aide précieuse pour se forger une opinion :

 

La dictature brutale du clan Assad résiste à l'offensive rebelle car l'armée et une grande partie de la population craignent plus que tout la fin du multiconfessionnalisme.

Au centre d'enjeux géopolitiques brûlants, cette guerre de Syrie, qui n'a rien à voir avec celle de Libye, pourrait déstabiliser toute la région...

Les espoirs de démocratisation nés en 2011 du «printemps arabe» se heurtent en Syrie à la réalité multiconfessionnelle. Les Alaouites, apparentés aux chiites, les chrétiens et les autres minorités (Kurdes, Druzes...) craignent que la démocratie amène la «dictature de la majorité (sunnite)» et entraîne leur exclusion de la société civile, soit par le meurtre, soit par l'exil forcé, soit au mieux par la relégation à un statut inférieur.

Démocratie improbable

Cette crainte n’est pas vaine au vu de ce qui se passe dans l’Égypte d’après Moubarak et l’Irak d’après Saddam Hussein, où sont persécutées les minorités religieuses (coptes, assyriens…).

Elle explique en bonne partie la résistance de l'armée gouvernementale face à l'Armée de Libération Syrienne, fer de lance de l'opposition au régime Assad. L'état-major n'a pas négocié avec l'opposition, comme en Égypte, et le dictateur Bachar Al-Assad n'a pas eu besoin de faire appel à des mercenaires étrangers pour assurer sa protection, comme Kadhafi en Libye.

Elle explique aussi que les populations se tiennent coi devant cette révolution démocratique muée en guerre civile, craignant de tomber de Charybde en Scylla.

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Aujourd'hui, soulignons-le, la dictature Assad, issue du parti Baas, est au Moyen-Orient le dernier survivant des gouvernements des années 1960 qui, de l'Égyptien Nasser au chah d'Iran en passant par les héritiers turcs de Moustafa Kémal, se réclamaient de la laïcité et du nationalisme, voire du socialisme, autant de valeurs empruntées à l'Europe. La Syrie était à cette époque-là, comme le Liban, une passerelle entre les cultures et les religions...

 

C'était avant que le renversement du chah d'Iran ne signe l'échec de la voie laïque au Moyen-Orient et n'entraîne une confessionalisation à marches forcées de la région, de la Turquie à l'Iran et à la Tunisie... Sans oublier Israël, où les religieux ont relégué aux oubliettes les socialistes des origines.

 

La Syrie et les enjeux géopolitiques

 

Les enjeux géopolitiques rendent plus que jamais actuelle la remarque célèbre du général de Gaulle à propos d'un voyage au Liban : «Vers l’Orient compliqué, je volais avec des idées simples. Je savais qu'au milieu de facteurs enchevêtrés une partie essentielle s'y jouait. Il fallait donc en être» (Mémoires de guerre, L'Appel). Les diplomates européens pourraient la reprendre à leur compte.

 

Turquie :

 

À la faveur de la guerre civile, les Kurdes de Syrie sont en voie de gagner leur autonomie comme leurs voisins d'Irak et l'on conçoit mal que la Turquie voisine reste inactive face à cette émancipation qui pourrait donner des idées à ses propres Kurdes (près d'un quart de la population turque).

 

Cette crise, avec son lot de réfugiés, survient qui plus est au plus mauvais moment pour la Turquie, dont le Premier ministre Erdogan est gravement malade. Au moins les Européens peuvent-ils se réjouir en la circonstance que l'idée folle d'admettre la Turquie dans l'Union n'ait pas reçu un début de commencement...

 

Liban :

 

Une mainmise sunnite sur la Syrie déstabiliserait gravement le Liban, où les communautés confessionnelles vivent depuis vingt ans dans un équilibre des plus précaires. Les chiites du Hezbollah, principale faction libanaise, sont très inquiets d'une défaite en Syrie des Alaouites car elle aurait pour effet de briser «l’arc chiite» et leur lien vital avec l'Iran. Ce dernier pays pourrait aussi s'irriter de la défaite de son allié alaouite. Saura-t-il s'en accommoder?

 

Iran :

 

L'Iran a réussi à renverser le pouvoir sunnite en Irak à la faveur de la malheureuse intervention américaine dans ce pays. Il a pu ainsi consolider cet «arc chiite» qui traverse le Moyen-Orient du Liban  à l'Indus, en passant par la Syrie et l'Irak.

 

Côté oriental, le Pakistan qui compte un cinquième de chiites (soit 30 millions de personnes environ !) pourrait être complètement déstabilisé par un regain de tensions entre chiites et sunnites. Déjà en août 2012, on pouvait apprendre dans les journaux le massacre d'un autocar rempli de passagers chiites...

Dans la péninsule arabe, le Bahrein se distingue par une population très majoritairement chiite avec à sa tête un autocrate sunnite comme dans les autres États de la péninsule (Qatar, Arabie...). Il pourrait aussi être déstabilisé par une contre-offensive des Alaouites, d'où le soutien très actif du Qatar et de l'Arabie séoudite à la rébellion syrienne.

 

Israël :

 

Israël, autre voisin de la Syrie, se tient coi. Il est vrai que l'on a perdu depuis un an le réflexe de lui attribuer la responsabilité de tous les problèmes de la région. Mais le regain de tensions dans la région pourrait convaincre l'État hébreu de mettre à exécution au plus vite son plan de destruction des bases nucléaires iraniennes... Le pire n'est jamais sûr, il demeure néanmoins de l'ordre du possible.

 

L'Europe, spectatrice impuissante

 

Peut-on imaginer dans ces conditions une intervention militaire des Occidentaux? Moins que jamais. Tous les précédents et en particulier le précédent libyen montrent que ce genre d'intervention peut se révéler plus ardu que prévu. En Libye, les bandes de mercenaires sahéliens armées par Kadhafi ont résisté pendant sept mois à la force de frappe de l'OTAN. On imagine mal que celle-ci fasse mieux face à l'armée gouvernementale syrienne.

 

D'autre part, en outrepassant leur mandat humanitaire dans la tragédie libyenne, les Occidentaux ont quelque peu humilié la Chine et la Russie, membres permanents du Conseil de Sécurité de l'ONU et ce n'est pas de sitôt qu'ils obtiendront leur blanc-seing pour une nouvelle opération de ce genre. Enfin, les Arabes eux-mêmes n'ont aucune envie que se répète le scénario désastreux de l'intervention américaine en Irak en 2003.

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05/10/2012

Les « Illuminati » ont investi la Tour Baudet.

Les légendes, croyances, histoires populaires sont charmantes car elles stigmatisent les comportements antipopulaires de  « L’Elite Dirigeante ».

 Sans aller jusqu’aux fantasmes sataniques propagés par certains, mentionnons les travers antidémocratiques qui décrivent cette société secrète dont les membres seraient « L’Elite de l’élite » :

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« Les Illuminati existent sous leur forme actuelle depuis 1776, date de fondation de l'Ordre des Illuminati en Bavière par Adam Weishaupt, un ancien Jésuite. Leur projet était de changer radicalement le monde, en anéantissant le pouvoir des régimes monarchiques qui, à cette époque, entravaient le progrès de la société et des idées. La Révolution Française et la fondation des Etats-Unis auraient été des résultats de leur stratégie. Pour les Illuminati, la démocratie politique était un moyen et non une fin en soi. Selon eux, le peuple est par nature ignorant, stupide, et potentiellement violent. Le monde doit donc être gouverné par une élite éclairée. Au fil du temps, les membres de ce groupe sont passés du statut de conspirateurs subversifs à celui de dominateurs implacables dont le but essentiel est de conserver leur pouvoir sur la population. 

Les Illuminati se considèrent en effet comme détenteurs d'une connaissance et d'une sagesse supérieure, héritées de la nuit des temps, et qui leur donne une légitimité pour gouverner l'humanité. »

J’entends déjà certains crier au délire, à l’occultisme de bas étage de ce propos. Et pourtant :

Communiqué de presse du Conseil d'Etat

3 octobre 2012 :

Etrangers criminels : les dispositions relatives au renvoi ne doivent pas primer sur le droit constitutionnel et international en vigueur

Texte d’Illuminati, en accord avec leur appréciation : Le peuple est par nature ignorant, stupide et potentiellement violent. »

Il faut donc œuvrer pour contrer et éliminer cette Initiative acceptée par ce peuple stupide !  "Imaginez qu’ils commencent à avoir raison… Qu’adviendrait il de nous ? "

Mais, surtout, qu’advient il de vos droits démocratique et de votre droit légitime à la sécurité en votre pays ?

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Que penser, et les médias l’ont relatée, de cette « OPA » du parti Libéral sur les principales régies publiques genevoises où les Présidents nommés sont de ce parti ? Normal répondront ces gens, l’Elite de l’élite doit occuper les postes de directions…

Egalement sous cet angle « très particulier » de décrire cette Elite des élites, deux dispositions très troublantes de ce nouveau texte constitutionnel que cette élite vous demande d’accepter lors du scrutin du 14 octobre 2012 :

Pour mieux établir leur domination sur le « bon peuple » ils demandent que leurs pouvoirs, surtout à l’exécutif, soient augmentés d’une année. Ainsi, ils disposeront de cinq ans (au lieu de quatre) pour continuer d’installer leurs principes de « Maîtres du monde »

 

Puis pour mieux vous museler, ils augmentent le nombre minimal de signatures à récoler pour vos référendum et initiatives.

N’est ce pas la preuve qu’ils ne tolèrent qu’une forme de démocratie uniquement représentative, celle où ils détiennent tous les pouvoirs de décider et ou le peuple n’a que le « Droit de se taire »…

 

Sortons de ce cauchemar !

N’oubliez pas non seulement de voter mais surtout de refuser ce texte proposé comme nouvelle Constitution !


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01/10/2012

Chrétiens d’Egypte, le groupe UDC interpelle le Conseil Fédéral

Chrétiens d'Egypte: Le Conseil fédéral se préoccupe t-il de leur sort ?

C’est le titre de l’interpellation 12.3766 déposée le 20 septembre 2012 par Monsieur le Conseiller National UDC  Grin Jean-Pierre.

En voici le détail :

EgliseCopte.jpg

Texte déposé

 

La situation s'étant aggravée ces dernières semaines, je me permets de poser les questions suivantes:

 

1. Le Conseil fédéral est-il conscient de la gravité de la situation des chrétiens d'Egypte?

 

2. Est-il prêt à accorder des facilités à ceux qui souhaiteraient s'installer en Suisse?

 

3. Depuis la réponse à la question de notre collègue Ingold en décembre dernier (11.5515) qu'est-ce que le Conseil fédéral a fait concrètement?

Développement

De tous temps, les Coptes, les chrétiens d'Egypte ont été victimes de discriminations, de brimades, voire d'agressions. De nombreuses jeunes filles ont été enlevées afin d'être converties à l'islam.

 

Or, depuis la chute de Moubarak, il n'y a plus d'Etat de droit. Avec la montée des frères musulmans et l'acharnement des salafistes, les chrétiens risquent chaque jour leur vie. Depuis la Révolution, les manifestations hostiles ont fait de nombreux morts. Leurs maisons et leurs églises sont incendiées. Un nouveau genre d'agression a fait son apparition: le racket. Dans certaines entreprises, on licencie les chrétiens en premier. Pour beaucoup de fondamentalistes, les Coptes sont une communauté à éliminer. Dans certaines régions les salafistes exigent que toutes les femmes, même les non-musulmanes sortent le visage caché. Des dizaines de milliers de chrétiens ont quitté le pays ou cherchent à le quitter, avec comme destinations de prédilection le Canada et l'Australie.

 

Cosignataires (14) dont la Présidente de l’UDC Genève, Céline Amaudruz

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Nos premiers helvètes, déjà seuls contre les royaumes de l’Europe !

1er octobre 1273

Rodolphe de Habsbourg est élu roi de Germanie

Le 1er octobre 1273, les princes-électeurs allemands portent le comte Rodolphe 1er de Habsbourg à la tête du Saint Empire (plus tard appelé Saint Empire romain germanique).

Cette élection met un terme au Grand Interrègne, période de 20 ans durant laquelle l'empire germanique est resté sans titulaire, livré aux troubles, aux convoitises et aux querelles.

Rodolphe est un seigneur doté de terres dans les Alpes, en Suisse alémanique et en haute-Alsace. Il a été choisi par les membres de la diète en raison même de sa modestie, de préférence aux autres candidats, le roi de France Philippe III le Hardi et surtout l’ambitieux roi Ottokar II de Bohême (la République tchèque actuelle).

Né le 1er mai 1218, Rodolphe est déjà au moment de son élection un homme mûr de 55 ans. Il se préoccupe assez peu du rêve impérial de ses prédécesseurs, plus soucieux d’installer leur autorité sur les riches italiennes que sur les princes allemands.

Lui-même veut  étendre ses possessions et assurer la grandeur de sa lignée. Il y réussira au-delà de toute espérance. Jusqu’en 1918, les Habsbourg, en effet, se tiendront à l’avant-scène européenne.

Mais il doit pour cela combattre Ottokar II de Bohème, devenu par mariage et conquêtes l’un des plus puissants princes allemands. Il bénéficie aussi de l’appui de l’Église du fait de son engagement en 1254, aux côtés des chevaliers Teutoniques, dans la croisade contre les païens lituaniens. C’est à lui que la place forte de Koenigsberg (la «montagne du roi» en allemand) doit son nom (aujourd’hui Kaliningrad).

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Cependant, cette expansion coûte cher à l'empereur et plus encore à ses sujets. Pressurés d'impôts, les montagnards et les bourgeois du lac des Quatre-Cantons se soulèvent contre Rodolphe et ses successeurs. Ils vont se détacher du Saint Empire et de leur révolte va naître la Suisse indépendante.

 

Malgré ses succès, Rodophe 1er n’arrive pas, comme les anciens empereurs ou les premiers rois capétiens, à faire élire de son vivant son fils aîné Albert, né en 1250 de sa première épouse. Quand il meurt le 15 juillet 1291 à Spire, où il est depuis lors inhumé, la diète élit à sa place Adolphe de Nassau.

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