14/08/2013

Banalisation, principal ennemi de la « Prévention ».

C’était la « deuxième » affiche médiatique genevoise le week-end passé :

Genève pourrait suivre Zürich dans le « drugtesting ».

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Magnifique !  Qui oserait disputer, critiquer, douter de cette mesure offrant un contrôle de garantie de pureté (personne n’a osé parler de non-toxicité)  de la drogue illicitement achetée par nos « légions » de consommateurs lors de grands évènements ?

 

Aujourd’hui, plus qu’hier,  j’apprécie ces mots de Sénèque :

« On doit punir, non pour punir, mais pour prévenir.  »

ce n’est cependant pas sur ce thème que le billet est rédigé  mais sur les assertions lues qui, pour le moins, méritent quelques nuances.

 

On vous assure que le « drugtesting » est un outil de la réduction des risques liés à la consommation des stupéfiants. On élague donc la dangerosité toxique du produit analysé en rassurant le consommateur quant à la qualité du produit issue de l’analyse…

L’usage du stupéfiant choisi reçoit donc un « label de conformité » officiel, une forme d’encouragement à la consommation par la banalisation des risques inhérents aux produits illégaux, souvent frelatés par d’autres substances lesquelles seraient les seules, finalement, à mettre en danger le consommateur…

L’encart « Comment ça marche », pudiquement, ne fait aucune allusion aux réactions du consommateur auquel le verdict de l’analyse  annonce que la « dose » achetée est inconsommable.

 Puis, surtout, quelle sera la réponse officielle apportée ?   L’Etat offrira t’il  alors une dose de substitution ?

Ensuite cette affirmation « imparable » : « le drugtesting» un succès à Zürich depuis douze ans !

Si ce succès  zurichois est le résultat des 70 contrôles opérés lors de la « street Parade » de 2012 avec plus d’un million de participants, je le trouve bien mince comparé aux dangers de la banalisation de la consommation.

Dommage aussi que les coûts engendrés par ce nouveau dispositif, pour le personnel, matériel, véhicule, soient occultés car n’oublions pas que vous êtes le payeur de ces « innovations »  comme contribuable.

La causticité de ce billet découle des mises en garde que vous pouvez lire sur toutes les « autres » documentations des organismes de prévention :

  • Santé et sécurité  au travail
  • Pratique des sports
  • Circulation routière
  • Etc.

 

Tous préviennent :

Un des principaux ennemis de la prévention est la banalisation des risques.

Il est tout de même paradoxal que seule la prévention de la toxicomanie puisse faire fi voire occulter  cette recommandation.

Vous trouvez ça normal ?  Moi pas.


Un peu de baume philosophique …

« Je ne suis libre qu'à la condition de m'accomplir dans mon désir d'être heureux, selon mes talents propres, et le seul devoir que cela exige est de me vouloir autonome (maître de moi), à savoir : me réaliser comme valeur dans ma puissance autonome d'agir et d'être par moi-même.

Etre libre implique de se vouloir un "je" qui se détermine lui-même pour être content de soi.  En cela devoir d'être autonome et devoir d'être heureux avec soi et les autres se confondent. Ce qui a toujours été l'idéal à la fois théorique et pratique de la sagesse antique (eudémonisme). »

 

 

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